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Les débouchés du colza

La production de colza se situe principalement dans les pays d'Europe du Nord et notamment en France pour laquelle les surfaces cultivées sont passées de 1,2 Mha en 2000 à 1,46 Mha en 2010. C'est ainsi la quatrième espèce la plus cultivée sur notre territoire après le blé, le maïs et l'orge. En augmentation depuis 2003, les surfaces françaises de colza ont reculé de 11 % en 2008, avec cependant une augmentation de 2 % de la production.


Pour valoriser au mieux la collecte de l'année en cours, le CETIOM et l'ONIDOL ont mis en place un réseau national d'enquêtes sur lequel les principaux critères qualitatifs sont analysés. Cela donne ainsi un aperçu de la qualité moyenne de la collecte, qui sera plus facilement valorisée sur ses principaux débouchés : l'huile (riche en omega 3) et les protéines végétales (sous forme de tourteaux). Notons que ces deux débouchés sont étroitement liés car il s'agit de deux co-produits dérivés de la trituration des oléagineux.


  L'huile de colza (riche en oméga 3)

Après un nettoyage et un décorticage des graines, l'huile de colza est obtenue par pressage à chaud ou à froid selon le produit souhaité.

huile de colzaEn alimentation humaine, l'huile de colza est une source en acides gras oléique et acides gras essentiels (a. linoléique et linolénique) très recherchée, en particulier pour ses oméga 3. C'est une huile de table équilibrée, que l'on trouve dans le commerce, seule ou en mélange avec d'autres huiles. La grande majorité des variétés de colza utilisées pour la production d'huile alimentaire sont des variétés dites "double zéro (00)", c'est-à-dire à teneur limitée en acide érucique (5%) et glucosinolates (25 µmol/l).


Pompe diesterL'esther de méthyle (le diester) - Plus de 850.000 tonnes d'huile de colza seront utilisées pour ce débouché. En 2006, plus de 477 000 hectares de colza ont été destinés à alimenter ce marché.

Le diester est un biocarburant obtenu par transestérification de l'huile brute de colza.

Le diester peut être mélangé au gazole dans des proportions de 5 à 30 % :

  • On trouve 5 ,75 % de diester dans le gazole courant et dans le fioul domestique
  • 30 % de diester dans les véhicules de service de certaines villes regroupées au sein du " club des villes diester "

L'avenir des biocarburants - Actuellement, l'Europe s'apprêterait à lancer un vaste programme en faveur des carburants d'origine végétale (betterave, blé, colza, ...), visant à multiplier par 5 ou 10 les capacités de production. A l'heure actuelle, les biocarburants représentent à peine 0,5% du marché européen. D' après Bruxelles, leur part pourrait ainsi atteindre 5% à horizon 10 ans, pour peu que des mesures volontaristes soient prises dans ce sens. Toutefois, ce projet est loin de faire l'unanimité : en effet, le "pétrole vert", qui présente l'indéniable avantage d'être renouvelable et peu polluant, revient beaucoup plus cher que l'or noir et contrarie certains intérêts. Soutenu par les agriculteurs qui y voient une possible diversification de leur production mais combattu par les pétroliers, l'essor significatif des biocarburants est donc en suspend... S'il se concrétisait, quelque 40% du colza cultivé en France pourrait alors être destiné aux biocarburants.

Les avantages du diester ? - diminution des rejets de nombreux polluants - amélioration du fonctionnement des pots catalytiques (absence de soufre) - diminution des émissions de gaz à effet de serre.

© Marine nationale - Vers le site de la Marine nationale Du diester contre la marée noire

Le diester a été utilisé lors du pompage du fioul dans l'épave de l'Erika : en effet, l'hydrocarbure, trop épais pour être directement pompé, a été mélangé à du diester, puissant fluidifiant. Le nouveau mélange ainsi obtenu, a été plus facilement enlevé de l'épave de l'Erika. De la même manière, le diester s'est révélé être un atout précieux lors du nettoyage des côtes françaises souillées : ce nouveau " solvant vert " facilitait la flottaison des résidus et a permis d'accélérer la cadence de nettoyage.

  Les tourteaux de colza

Une fois l'huile extraite des graines, il reste les écailles de presse, qui sont séchées puis compactées sous forme de granules. En France, la consommation de tourteaux de colza a progressé de 53 % entre 1981 et 1998 et est toujours en augmentation constante. Ceci est principalement dû à l'abaissement du taux de glucosinolates par sélection génétique. En effet, les produits de dégradation des glucosinolates étaient responsables de phénomènes d'inappétence ou de désordres physiologiques, ce qui réduisait fortement ses possibilités d'utilisation. Grâce aux travaux de sélection, le taux de glucosinolates est passé de 80 µmol à moins de 20 µmol aujourd'hui, la limite pour les graines marchandes se situant à 25 µmol. A l'heure actuelle, la substitution des tourteaux de soja par des tourteaux de colza est fréquente et avantageuse sur plusieurs plans. On observe ainsi :

  • une augmentation de la quantité brute de lait/jour sans modification de la quantité de maïs fourrage ingéré,
  • une diminution du taux butyreux dans le lait,
  • une augmentation du taux protéique du lait.
    (source : essais réalisés de 1985 à 1993 par CETIOM/Institut de l'Elevage)

Autre aspect non négligeable : le volet économique ; même s'il faut substituer 1 kg de tourteaux de soja par 1,5 kg de tourteaux de colza, le gain de marge brute reste en faveur du colza.

 

 

 

 





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